Roumanie et Belgique : des liens historiques et culturels méconnus !
Publié dans Roumanie le
À l’origine, ce qui est devenu la Roumanie aujourd’hui était composée de plusieurs territoires et principautés. Il y avait ainsi, en 1862, les principautés de Moldavie et de Valacie et les jouxtant la Grande Principauté de Transylvanie dépendant des Habsbourg de Vienne.
En 1862, donc, les deux premières s’unissent et créent la Roumanie. Ce ne sera qu’en 1919, que le pays reprend la Transylvanie. Il y avait aussi la Moldavie mais ce territoire prendra son autonomie au sein de l’URSS au lendemain de la guerre 40/45 puis deviendra indépendant en 1991.
Ceci pour dire que le pays se compose, comme la Belgique, de plusieurs communautés culturelles. Si le roumain est la langue officièlle d’autres langues sont celles des minorités composant la population : le hongrois, le Rom, l’allemand, le turc et le yiddish.
La constitution de 1831
Lorsque la Roumanie prend son indépendance au milieu du XIXe siècle, elle décide d’opter pour la forme « monarchie constitutionnelle ». Elle part
donc à la recherche d’un roi et son premier choix se porte sur… Philippe, comte de Flandre. Le second fils de Léopold I et par ailleurs père d’Albert 1 ! Devant le mécontentement des puissances garantes, entendez surtout l’Autriche-Hongrie, celui-ci décline l’invitation ce qui nous permet de garder son fils chez nous ce qui a été utile lors de la première guerre mondiale…
Mais qui dit monarchie constitutionnelle, dit constitution. Et plutôt que d’en faire une par eux-mêmes, les Roumains optent pour un coupé/collé et reprennent quasiment in extenso, la constitution de la Belgique de 1831 ! On ne sait pas si des droits d’auteurs ont été demandés…
Un général belge au service de la défense de Bucarest
À la fin du XIXe siècle, en 1889 plus exactement, les Roumains entourés qu’ils sont par des puissances quelque peu gourmandes (Russie, Autriche-Hongrie et Turquie) se rendent compte qu’elles doivent mettre en place un système défensif digne de son nom. C’est ainsi que le général Alexis Brialmont est appelé en Roumanie comme conseiller, puis est chargé d’établir les plans des fortifications de Bucarest.
Son projet prévoie une ceinture de dix-huit grands forts situés à environ quatre kilomètres l’un de l’autre.
En fait, les forts de Bucarest sont du même modèle que ceux prévus en Belgique à Anvers, Liège et Namur : une redoute centrale armée de canons et d’obusiers en tourelles, entourée d’un fossé, d’une muraille détachée et de galeries de contrescarpe.
La musique classique
Qui sait encore que l’Orchestre royal de chambre de Wallonie a été créé en 1958 par une violoniste virtuose roumaine d’origine ? Son nom ? Lola
Bobesco ! Celle-ci s’est fait connaître internationalement en 1937 en remportant le 7e prix du Concours Eugène Ysaÿe (devenu par la suite le Concours musical international Reine-Élisabeth-de-Belgique). Pour la petite histoire, le gagnant du 1er prix cette année-là a été David Oistrakh…
En littérature
La littérature roumaine a été fortement influencée par Georges Rodenbach, l’auteur du célèbre roman Bruges la morte. (http ://www.upm.ro/facultati_departamente/stiinte_litere/conferinte/situl_integrare_europeana/Lucrari/Enache.pdf)
La variété
Quelque peu oublié aujourd’hui, Jacques Hustin, un chanteur-compositeur interprète de la région de Liège était une véritable star en Roumanie. Rencontré dans les années septante, il nous avait expliqué qu’il s’était produit dans l’un des stades de Bucarest…
Et l’on pourrait continuer ainsi avec d’autres exemples. Surréalistes ceux-là. Tenez par exemple, au 19è à Bruxelles on a construit un fameux mammouth, entendez le Palais de Justice, en détruisant une partie du quartier des Marolles puis par la suite avec l’Albertine et également la destruction d’une partie du cœur historique de la capitale belge à la fin du siècle dernier. Ceausescu a voulu également copier la démesure bruxelloise en créant Le gigantesque Palais du parlement à Bucarest.
Et la comparaison ne s’arrête pas là : le parlement roumain étant le plus grand bâtiment en pierre au monde construit au XXe siècle, tandis que le Palais de Justice de Bruxelles était au 19e siècle le plus grand bâtiment du monde historique et reste aujourd’hui encore l’un des plus grands édifices de pierres de taille de la planète et est actuellement le plus grand palais de justice du monde
![]() |
![]() |






