RENCONTRE AVEC LUCIANA PAUNESCU (MAXITOURS ET BLUE AIR)
Rencontre avec Lucian Paunescu (Maxitours et Bue Air)
Publié dans PAGTOUR le 29 septembre 2014
Par Alain Varenne
Après avoir parlé de la compagnie aérienne Blue Air, dont le TO Maxitours qu’elle dirige est le GSA pour la Belgique, la France et le Luxembourg. Aujourd’hui, elle nous parle de son pays et de son produit.
Ensuite vient le tour operating sur la Roumanie.
« Depuis 3 ans nous sommes impliqués dans le programme Europa 2020 (pour ceux qui veulent en savoir plus, rendez-vous ici : http://goo.gl/koCYGy) qui traite le développement du tourisme au fil du Danube : visite des vignobles, promenades à vélo, etc… » Le Danube parcourt près de 1400 km en Roumanie – sur le 2600 de longueur totale. On se replonger aussi dans l’histoire de l’Europe.
Qui la connaît encore?
« La Roumanie fut à une certaine époque l’Eldorado européen. C’est comme ça que moi j’explique l’existence des villes créées par les Saxes. Ces villes sont toujours habitées ». Le prince Charles a carrément acheté un village qu’il a reconstitué. (ndlr Zalanpatak video ici : http://goo.gl/EqvV53 ), au cœur des Carpates qui coupent le pays en trois régions.
C’est une zone tectonique qui a créé des merveilles naturelles. Vous vous promenez sur des petits cratères qui ne rejettent plus que du gaz… « Savez-vous que la Roumanie possède 33% des sources thermales thérapeutiques en Europe ? » (Ben non, madame, mais je m’en souviendrai, promis !)
Du coup, cette richesse a permis aux Roumains de suivre l’école de balnéologie française pour le traitement de maladies très invalidantes : rhumatismes, arthrose, polyarthrite. Il y a donc un grand nombre des centres de soins, nichés dans des coins de nature magnifique.
« Nous avons une station où il ya des émanations de dioxyde de carbone à l’état pur à 100%. La première eau gazeuse en Europe a été fabriquée par les Autrichiens avec du gaz roumain! Et malgré les trois régions bien distinctes, avec des cultures différentes, tout le monde parle la même langue unifiée ». (ndlr : eux n’ont pas Bart de Wever non plus hein !) »
Quand faut-il visiter la Roumanie ?
« En toutes saisons ! Le climat est continental tempéré. Il y a donc toujours quelque chose à faire. La plage en été, évidemment, mais les cures par exemple se passent à l’intérieur du pays. En fait, le pays a investi une fortune dans ses centres de cure. Et faites le calcul : si vous êtes par exemple en revalidation, le prix d’une cure complète en Roumanie est moins cher que la partie non remboursée par la mutuelle en Belgique! Ceci avec des vrais professionnels reconnus mondialement. Le côté culturel est également très riche. Le roumain aime la musique. Il y en partout. Musique classique, folklorique, opéra, festivals. Le festival Eugene Ionesco par exemple attire les plus grands orchestres et solistes du monde ! »
Tous les enfants roumains jusqu’à 18 ans sont admis au Conservatoire gratuitement ! Un gros effort est fait aussi dans l’éducation pour maintenir en vie des métiers traditionnels. « Dans nos programmes, vous aurez par exemple la possibilité de vous essayer à la peinture sur soie ou sur verre. Ou à la tapisserie. Quand le pays a été sous domination romaine, grecque ou turque, ils ont tous ‘emprunté’ quelque chose à la Roumanie. Il y avait donc des choses à prendre de ce pays ! »
La nature n’est pas non plus oubliée en Roumnie. « Nous avons plusieurs parcs nationaux et puis évidemment la Réserve de la Biosphère qui est le delta du Danube. En 1780 déjà c’est un orof roumain qui a jeté les bases de la protection de la réserva naturelle du Danube. C’est dans cette continuité que l’Europe a lancé maintenant ce programme Europa 2020 ».
Mais alors pourquoi la Roumanie est-elle aussi méconnue ?
« Absence totale de vision des dirigeants. Je me souviens d’une discussion qu’a eu mon mari avec un commissaire européen, excédé par le fait qu’il n’arrivait pas à négocier avec les autorités roumaines. La réponse de mon mari fut: « Normal, ils sont atypiques. Le roumain n’aime pas les contraintes 😉 » »
D’autres choses dans le panier à provisions ?
« Nous faisons aussi maintenant le Montenegro, mais uniquement au niveau du thermalisme. Comme le centre est dans l’entrée du Golfe de Kotor, cela permet de faire de magnifiques excursions le weekend. Vacances toniques et re-validantes. 250 kinés, 50 médecins ! Asthme, allergie.
Cet hôtel est sublime. Il est en bord de mer et autour, il n’y a rien d’autre que la nature : palmiers, cyprès et les gorges de Kotor à portée de main. C’est à proximité d’une ville médiévale.
L’équipe Maxitours, aujourd’hui, ça représente quoi ?
« On n’est pas nombreux, on est neuf. Nous venons d’engager deux personnes pour s’occuper essentiellement de l’aviation. N’oubliez pas que BLUE AIR a des vols tous les jours de la semaine, pas seulement sur Bucarest, mais aussi vers la Moldavie roumaine et donc avec une très grande interconnexion avec la Moldavie russe : entre Bacau et Chisinau il n’y a que 140km. C’est la porte d’accès vers le sud de l’Ukraine et la Moldavie russe.
Et en chiffres ?
« En 2013 en tourisme pur, c’est beaucoup trop peu : 800.000€. Mais au total, avec l’aérien, on est à 4.200.000€. Ca nous permet d’occuper 9 employés ici, plus deux en Roumanie et un au Montenegro. Nous voulons maintenant vraiment redéployer le pôle tourisme.
C’est un pays magnifique où beaucoup d’Européens se sont d’ailleurs installés. Il faut dire que le gouvernement roumain avait déroulé le tapis rouge : si vous montiez une boîte en Roumanie, après la chute de Ceaucescu, vous étiez dispensés d’impôts durant dix ans ».
Ca motive !
« Et comme le coût de la vie est toujours très bas, il y a aussi pas mal de petits pensionnés qui ont pu acheter là-bas un petit appartement où ils vivent non pas richement, mais heureux. La langue est aussi un avantage. Pour un francophone, le roumain est très facile à assimiler. Tu lis un menu en roumain, tu comprends tout ».




