A deux heures de chez nous
A deux milles kilomètres de la Belgique (deux heures et demies de vol), la Roumanie se situe entre Occident et Orient, entre mer Noire et Hongrie, Ukraine et Bulgarie. Traversée par les Carpates qui forment comme un « L » à l’envers au cœur du pays, elle est grande comme huit fois la Belgique et compte le double d’habitants (22 millions d’habitants).
La langue roumaine est une grande langue latine, en souvenir de Rome dont elle fut une riche colonie orientale, la Dacie parfois dite « Dacie heureuse ». Plus récemment, après la chute du mur de Berlin, le pays est sorti du cauchemar vécu par ses villages menacés par un régime dirigé de main de fer par le mégalomane Ceausescu.
En Transylvanie…
Presque tous les circuits en Roumanie passent par la Transylvanie, une région qui fait penser aux aventures de Tintin… et qui se visite facilement au départ de Bucarest. Lovée au cœur des Carpates, elle est bordée en partie par ces montagnes qui serpentent à travers le pays (voir carte en fin d’article).
Villes et églises fortifiées
Au cœur de la Transylvanie, Sibiu fut capitale culturelle européenne de la culture en 2007. Elle fut édifiée au XIIème siècle par les Saxons, ces colons originaires de Rhénanie, de Lorraine, du Luxembourg et même de certains coins de Wallonie liégeoise sous l’invitation du Roi hongrois Geza II qui voulait contrôler les frontières orientales aux confins de son état, contre les Tatars et les Turcs.
Sibiu a comme nom allemand Hermannstadt. Il faut savoir qu’à une époque, on y parlait autant Allemand que Roumain, même si aujourd’hui, après un dernier exode sous Ceausescu, il y a moins de 2% de la population qui parle encore la langue de Goethe.
Sibiu arbore un héritage architectural captivant avec quelques enceintes fortifiées, un centre médiéval, des places et des maisons cossues. Les routes de campagne qui relient Sighişoara et Sibiu alignent de jolis villages aux églises fortifiées, créées par les Saxons de Transylvanie: Biertan, Calnic, Darjiu, Viscri, Mediaş, etc.
Au loin, les Carpates dressent leurs montagnes enneigées jusqu’au bout du printemps. Les paysages qui s’observent le long de la route défilent et peignent les réalités tranquilles de la campagne roumaine.
Brasov, joyau des Carpates
La ville se situe au centre du pays et à 160 km de Bucarest. Elle a beaucoup de charme, avec de nombreuses traditions et festivals. Brasov fait partie des cités saxonnes comme en témoignent ses monuments fortifiés et cossus qui confirment sa richesse légendaire. Voici l’église noire de style gothique et son orgue de plus de 4000 tubes (nombreux concerts).
Plus loin, la Strada Republici est la rue la plus animée de la ville et mène vers la jolie Piata Sfatului (Place des Conseillers) avec ses terrasses et fontaines.
Puis vient la maison du conseil (Casa Sfatului) qui abrite aujourd’hui le musée d’histoire. L’église Saint Nicolas se visite également puis le Bastion des tisserands se découvre et donne sur la télécabine de la Timpa pour de vues splendides sur la ville.
Située à quelques kilomètres, la station de montagne de Poiana (souvent liée à Brasov dans Poïana-Brasov) sert de point de départ à de nombreuses randonnées en été et permet de délicieux petits séjours montagnards été comme hiver, pour le ski ou la randonnée dans les alpages et les petites forêts.
Bran, Sinaia, Peles…
Tout le monde connaît désormais le château de Bran, hanté par le souvenir de Dracula… Nous voilà dans un lieu qui évoque la Roumanie et son rayon « légendes et frissons ». Pourtant Dracula n’a existé que dans le roman de Bram Stocker et n’est que l’incarnation romancée d’un certain Vlad Țepeș, prince de Valachie, réel et vraiment sanguinaire.
La région abrite également le monastère orthodoxe de Sinaia aux superbes fresques. Comme tous les monastères roumains, les lieux offrent leurs moments de tranquillité où le temps s’arrête.
A un jet de pierre, construit en 1883, le splendide palais royal de Peleș se cache au cœur des collines boisées. Cette fantaisie de style éclectique était la résidence du roi Carol de Roumanie au début du 20ème siècle.
Des dizaines de pièces plus belles les unes que les autres se visitent. Le hall d’honneur a un plafond orné de vitraux et mène vers diverses salles décorées de riches peintures (Salles d’Armes et des Glaces) et autant de salons (de musique, florentin, mauresque, turc, français… Le parc et les jardins fleuris permettent de flâner et offrent leurs vues sur l’édifice royal.
Sighişoara la médiévale
Capitale médiévale de la Roumanie, Sighişoara est l’une des plus belles villes médiévales d’Europe. Inscrite comme il se doit au patrimoine Unesco, cette ville musée a très peu changé depuis le Moyen-âge avec ses ruelles pavées, ses impasses, ses façades ventrues de toutes les couleurs. Et ses cent cinquante maisons dans son cœur.
Parmi les plus intéressantes, épinglons la maison vénitienne (qui date du 16ième siècle), la maison de Vlad Țepeș (sans doute la plus vieille construction civile en pierre) où est né le Prince dit « des Ténèbres ». Non loin, la superbe maison au cerf est surnommée ainsi à cause d’un étrange trophée fixé au coin du bâtiment, en trompe l’œil : une construction spécifique de la Renaissance transylvaine. La tour de l’horloge permet d’observer de près la ronde des jolis personnages qui tournent et marquent les riches heures de cette petite localité où il fait si bon flâner.




